Historique des gazogènes

1) Les gazogènes dits "stationnaires"

Les premiers gazogènes ont vu le jour à la fin du XVIIIème siècle grâce à l'ingénieur français Philippe Lebon : en 1786, il réussit à transformer un carburant solide en carburant gazeux.

 

 

 

 

 

 

 Philippe Lebon

 

 

Les gazogènes servaient au départ à alimenter les forges puis ils furent utilisés pour l'éclairage des villes et le chauffage

Ces gaz qui servaient à l'éclairage et au chauffage furent communément appelés : "gaz de ville".

Les gazogènes étaient alimentés en combustible par des charbons minéraux (houille, lignite, anthracite) et par du coke (houille appauvrie).

Les hauts fourneaux, ainsi que les premiers moteurs à explosion, fonctionnèrent grâce aux gazogènes (gaz de ville).

carte postale représentant les Hauts Fourneaux d'Anzin en 1914 

 

 

 

 

 

 Hauts Fourneaux d'Anzin (département du Nord) en 1914.

 

 

 

L'ingénieur français Jacques-Joseph Ebelmen eut la riche idée d'inventer le tirage inversé (aspiration par le bas) : ce qui permit d'avoir une alimentation permanente en combustible par le haut.

En 1860, l'ingénieur belge Jean-Joseph Étienne Lenoir fit fonctionner un moteur à 2 temps par le gaz de ville (gazogène).

 

 

De même en 1876, grâce au gaz de ville, l'ingénieur allemand Nikolaus Otto fit marcher le premier moteur au cycle 4 temps qui fut inventé en 1862 par l'ingénieur français Alphone Beau de Rochas.

Enfin, en raison de la faible quantité d'extraction de pétrole et de distillation d'essence, le carburant des moteurs industriels fut pendant de nombreuses années : le gaz de ville.

 

2) Les gazogènes dits "transportables"

Au début du XXème siècle, la production d'automobiles était supérieure à celle de l'essence.

Les ingénieurs cherchèrent donc un moyen pour équiper les véhicules de gazogènes : c'est le début des gazogènes "transportables" (en opposition aux gazogènes "stationnaires").

Le premier camion équipé d'un gazogène à charbon de bois vit le jour en Écosse en 1905 grâce à John Smith.

En 1910, Victor Cazès parcourut dans les rues de Paris 10 kms au volant de son omnibus fonctionnant avec un gazogène au charbon de bois.

  

 

                                                                                                                                    Gazogène au charbon de bois Cazès

 

Les essais avec les gazogènes à bois furent peu concluants et furent abondonnés car le goudron se solidifiait après refroidissement du moteur et bloquait ainsi ce dernier.

De plus, la guerre de 1914-1918 stoppa net toutes les expérimentations sur les gazogènes.

Au cours de la Grande Guerre, l'armée française, qui se mécanisait de plus en plus, allait se retrouver en situation de difficulté à cause de la pénurie de carburant. Clémenceau dut faire appel aux États-Unis pour importer du pétrole.

Le "Tigre" prononça d'ailleurs la phrase suivante : "une goutte de pétrole, c'est une goutte de sang".

Après la Guerre 14-18, l'armée française, qui désirait assurer l'indépendance énergétique, sollicita Monsieur Georges Imbert afin qu'il inventât un gazogène fonctionnant au bois (carburant qui se trouvait dans tout le pays).

Alors même qu'au début des années 20, la France se faisait distancer sur la recherche expérimentale des gazogènes par le Royaume-Uni, une décennie plus tard, cette dernière était à la pointe des techniques dans la construction des gazogènes (en partie grâce à l'inventeur du gazo-bois : l'ingénieur français Georges Imbert) ! 

En effet, dans les années 1920 - 1930, de nombreux concours militaires et civils virent le jour pour promouvoir et mettre au point les différents gazogènes.

Un concours parmi tant d'autres : au mois d'août 1926, la revue mensuelle " Le Poids Lourds" organisa un tour de France côtier sans essence de 5 000 kms sous le contrôle officiel de l'Automobile Club de France.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Tour de France (5 000 kms) sans essence / Août 1926

 

 

 

 

 

M. Marius Berliet fut le premier constructeur de poids lourds à prendre la licence Imbert.

 

Les gouvernements essayèrent de développer les "carburants nationaux" (bois, charbon de bois, charbons minéraux, tourbe) en versant des primes, en déduisant des taxes à l'essieu.

Malheureusement, les gazogènes ne rencontrèrent pas le succès escompté (trop de contraintes ?).

Après la défaite de juin 1940 et la réquisition du carburant par l'armée allemande ainsi que l'arrêt d'importation du pétrole des pays producteurs, la seule solution trouvée pour continuer à rouler fut... le gazogène ! Le gazogène était enfin connu du grand public.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après la 2nde Guerre Mondiale, le pétrole revint à flot et le gazogène fut abandonné et tombé dans l'oubli.

De nos jours, le gazogène, à bois plus particulièrement, fait partie des énergies renouvelables (il ne rajoute pas de CO2 dans l'atmosphère) et mérite une VÉRITABLE renaissance.

Le procédé du gazogène à bois permettrait d'économiser environ 5 % de notre consommation pétrolière en tenant compte des coupes et de la regénération des arbres.

L'application du gazogène à bois conviendrait particulièrement à des groupes électrogènes. 

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